Contrairement à une idée reçue, Collioure ne produit pas uniquement des rouges. Si ceux-ci constituent encore la majorité — autour de 70 % en moyenne — la part des rosés grimpe chaque année, et les blancs sont désormais des objets de convoitise pour nombre d’amateurs. Voici en détail ce qui fait le sel de chaque couleur.
Des rouges expressifs, signature de l’appellation
Les vins rouges de Collioure occupent environ 70 % de la production totale. Ils incarnent à merveille la synergie entre un terroir de schistes et le climat extrême du Roussillon : été brûlant mais tempéré par les brises marines, pluviométrie faible, rendements très faibles (autour de 27 hl/ha en moyenne). Résultat : des rouges puissants, solaires, structurés, mais sans lourdeur grâce à un équilibre subtil entre richesse tannique, fraîcheur saline et notes méditerranéennes (garrigue, olive noire, figue, laurier).
- Cépages principaux : Grenache noir (indispensable), Mourvèdre, Syrah, Carignan (accessoire aujourd’hui mais longtemps pilier historique)
- Assemblages : Obligation de trois cépages minimum pour garantir la complexité aromatique
- Profil : Couleur soutenue, arômes de fruits noirs, épices, garrigue, parfois une belle tension due à la minéralité du schiste
- Garde : La plupart des cuvées supportent aisément 7 à 12 ans de vieillissement
Certains domaines, comme La Rectorie, Vial Magnères, Piétri-Géraud ou encore Parcé, se sont fait le porte-étendard de cette typicité, à la croisée de la Catalogne et du Sud profond.
Rosés : ni folklore ni potion estivale
Longtemps cantonné à une consommation locale et estivale, le rosé de Collioure a profondément gagné en sérieux ces vingt dernières années. Issus des mêmes terrasses escarpées, souvent vinifiés en pressurage direct ou en macération courte de Grenache, de Syrah et de Mourvèdre, ces rosés affichent un profil bien distinct : robe soutenue, nez complexe (fruits rouges, herbes méditerranéennes, parfois une pointe florale rare), bouche fraîche, tendue, avec un joli gras. Le rosé de Collioure n’est pas une lubie à piscine, mais un vrai vin de gastronomie, capable d’accompagner poissons grillés, cuisines épicées ou volailles rôties (Syndicat des vins de Collioure, section rosés).
- Taux moyen d’alcool : entre 13,5 et 14,5%
- Part dans la production : environ 25% (et en constante expansion)
Blancs, la (re)découverte attendue
L’apparition officielle du Collioure blanc en AOC ne date que de 2002, mais de nombreux vignerons en produisaient déjà “en catimini” auparavant, alors considérés comme des Vins de Pays. Aujourd’hui, ils restent rares (5% de la production), souvent issus de parcelles ultra confidentielles (quelques centaines de bouteilles par cuvée, parfois). Les cépages rois sont le Grenache blanc et Gris, souvent accompagnés de Marsanne, Roussanne, Malvoisie du Roussillon, voire Vermentino et Macabeu. Au verre, le Collioure blanc fascine : robe dorée, arômes de fruits à chair blanche, d’amande, parfois iodés, bouche ample et saline, finale longue et ciselée par la minéralité (Le Point).
- Production : 5% des volumes totaux (et moins de 40 hectares plantés – [INAO])
- Terroirs : Parcelles les plus fraîches, à l’altitude maximale de l’appellation, ombres de promontoires schisteux