Pour comprendre pourquoi les IGP sont essentielles dans le vignoble languedocien, il faut se plonger dans l’histoire récente de la région. Jusqu’aux années 1980, le Languedoc était encore associé à des volumes élevés de vin de table, souvent déprécié pour sa qualité médiocre. Face à cette réalité, une partie des vignerons a choisi d’élever le niveau en misant sur les AOC. Les IGP, quant à elles, ont fourni une autre voie, plus flexible mais tout aussi créative.
Un chiffre marquant : selon l’ODG (organisme de défense et de gestion) régional, plus de 80 % des vins classés IGP Pays d’Oc proviennent du Languedoc. Cela représente plus de 700 millions de bouteilles commercialisées chaque année, dont l’écrasante majorité est exportée à l’international. Autrement dit, les IGP sont bien souvent le premier contact qu’un amateur de vin étranger aura avec le vignoble français. Une immense responsabilité, n’est-ce pas ?
Un terrain d’expérimentation pour les vignerons
Avec leur cadre plus souple, les IGP offrent aux vignerons une liberté dont ils ne disposent pas toujours dans le cadre des AOC. Dans le Languedoc, cette latitude a permis de faire émerger des cuvées originales, jouant par exemple sur l’assemblage des cépages internationaux comme le merlot, le chardonnay ou le cabernet sauvignon avec des variétés locales comme la carignan ou le grenache.
Certains producteurs utilisent les IGP comme laboratoire pour expérimenter de nouvelles pratiques viticoles : limiter les intrants chimiques, replanter des cépages oubliés ou encore produire des vins tout en légèreté, avec une faible teneur alcoolique pour répondre à la demande croissante des consommateurs.
Un pilier économique pour la région
Avec des coûts de production souvent plus bas que pour les AOC et une visibilité importante à l’export, les IGP occupent une niche économique précieuse, particulièrement pour les coopératives. Ces dernières, historiquement très présentes dans le Languedoc, dépendent en grande partie de la vente des vins IGP pour assurer leur viabilité économique et maintenir des milliers d’emplois locaux.